War in heaven
ou la guerre céleste

Qualifiée d’œuvre satanique par les uns, «d’avancée majeure dans la théorie cosmologique» par d’autres (Mike Rhyner, critique littéraire), War in Heaven (WiH) de Kyle Griffith est un livre original et particulièrement dérageant pour ceux qui ont une représentation «new age» du monde astral. Griffith dépeint un univers complexe où l’illusion est maîtresse et piégeuse. Avec, dans le rôle des grands illusionnistes, les groupes «théocratiques» qui ont fabriqué nos Dieux et nos croyances. Mais avant de plonger dans le travail de Griffith, nous vous proposons un petit tour d’horizon de quelques auteurs qui ont rassemblé des informations sur «la vie après la mort» et les moyens de collecter ces informations. Dans une seconde partie de ce dossier, vous pourrez lire des extraits du travail de synthèse de War in Heaven par l’astrophysicien Gerry Zeitlin et une interview de Griffith en troisième partie. Enfin et surtout, nous avons le plaisir d’accueillir Karmatea, nouvelle collaboratrice qui a réalisé les traductions des deuxième et troisième partie de ce dossier.

 «Le seuil de l’immortalité
Est assez haut, en pierre, avec des plantes
On ne s’apercevait pas du tout qu’on le passait
Mais de l’autre côté
Des tripotées
D’oiseaux sans ailes ni eaux
Poussaient des cris d'échiran ...»

Boris Vian Cantilènes en gelée (1949)

Les grandes questions
Certains poètes au lyrisme décapant comme Boris Vian, jazzman existentialiste, nous montrent que l’au-delà n’est somme toute pas bien différent d’ici-bas : même égarement, même confusion, mêmes bizarreries et créatures étranges au point qu’il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat ou un moine ni de grandes différences entre ici et «là-bas» puisque «là-bas» est imaginaire. Pourtant, que l’on soit poète ou terre-à-terre, religieux ou agnostique, nous nous posons tous la même question : disposons-nous d’une âme immortelle ? La grande majorité des religions et la soif de transcendance de l’homme ont donc pour objet ces mêmes interrogations obsédantes : l’homme a-t-il une conscience autonome qui survit après la mort ? Et ensuite, qu’advient-il de cette âme ? Au-delà des réponses formelles et manichéennes des trois religions monothéistes – la religion juive, le christianisme et l’Islam–  une myriade d’auteurs, dont le nombre ne fait que s’accroître avec le temps, ont tous un avis sur la question.

Une grande diversité
La représentation que ces auteurs se font du monde de l’au-delà est loin d’être univoque, que du contraire et il semble qu’il y a autant de versions des mondes dits «astraux» qu’il y a d’auteurs. Trouver une cohérence entre tous ces récits et analyses est d’autant plus malaisé que les écrivains et chercheurs ont eux-mêmes tendance à vouloir tout segmenter : un «remote viewer» (vision à distance) vous dira qu’il n’a rien à voir avec un contacté ou un voyageur de l’astral. Tous ont ramené du «matériel» de leurs «expéditions» : visions, souvenirs, textes et témoignages rapportés sous la dictée d’entités décédées, supérieures ou «sanctifiées». A la lecture de toutes ces informations parfois cohérentes, parfois contradictoires, on n’est guère plus avancé. A croire que chacun, sans doute en toute bonne foi, a interprété ce qu’il était capable de comprendre et d’appréhender.

moodyLes chercheurs en matière de «pré-mort», de mort imminente ou NDE (Near Death Experience) (dont les pionniers sont Elizabeth Kubler Ross et le Dr Raymond Moody) ne veulent pas être confondus avec les «spécialistes» du paranormal et de l’ésotérisme et comme le disait Kenneth Ring, professeur d’université, passionné de NDE, responsable du projet Oméga, «nous ne voulions en aucun cas être rattachés avec ces gens qui s’intéressent aux extraterrestres et aux Ovnis». C’est pourtant ce que Ring fit lorsqu’il découvrit qu’il existait de nombreux points communs entre les survivants des NDE et les victimes d’enlèvements extraterrestres.

Des points communs
En réalité, tous ces gens ont une motivation commune : ils tentent d’en savoir plus sur la potentielle existence d’une ou plusieurs autres «dimensions» et surtout de savoir si ces autres mondes sont des chimères ou bien des réalités qui peuvent être perçues de façon identique par plusieurs âmes, un peu comme si nous étions tous plus ou moins branchés sur la même longueur d’onde pour percevoir le monde.

Et pour compliquer la chose, ces «explorateurs» de l’après mort utilisent des méthodes assez diversifiées et peu orthodoxes pour récolter leurs informations : les NDE, les «voyages astraux», le channeling, le remote viewing, la régression hypnotique, la transcommunication et toutes les diverses manières plus ou moins codifiées, sérieuses ou fantaisistes d’entrer en contact avec des «esprits» et des univers astraux ou parallèles. Les outils seront donc l’écriture automatique, le ouija, les tables tournantes, les transes médiumniques, la relaxation, la sophrologie, le montage plus ou moins complexes d’amplificateurs, de récepteurs, de radios, de télévisions et d’enregistreur audio ou vidéo pour établir le pont entre ces diverses dimensions.

La récolte de l’information
Grosso modo, il existerait deux moyens de d’obtenir des informations sur l’au-delà : soit s’y rendre soi-même, ce qui peut faire sourire ou douter certains, soit «dialoguer» avec des esprits décédés, voire des entités soit disant «supérieures» ou encore extraterrestres qui bénéficieraient d’un fauteuil au balcon, à savoir d’une vision plus évoluée et plus complète de la situation.
Tout cela est-il bien sérieux? Avons-nous le moindre début de preuve matérielle, de procédure rationnelle et scientifique pour nous montrer que ces communications avec l’au-delà et que cette survivance de ce que les traditions religieuses nomment «l’âme» ont un fondement ? Non, pas vraiment ! Car même en matière de transcommunication, la discipline la plus «technique» et la plus palpable (puisqu’elle produit des enregistrements de voix ou d’images) en la matière, il subsiste des doutes, des zones floues sujettes à interprétations.

L’intérêt du sujet
Il n’empêche : le sujet mérite que l’on s’y attarde car il est dense, riche en détails divers et offre un nombre considérable d’indices, d’anecdotes, d’aventures et de mésaventures qui rendent toute cette affaire passionnante et digne d’intérêt. Une fois de plus, il ne s’agit pas «d’y croire ou de ne pas y croire» mais d’examiner avec un mélange équilibré de curiosité, de doute et d’intérêt, les récits, explications et biographies de certains de ces auteurs.
Tout est souvent affaire de préjugés et il y a autant matière à avoir des préjugés sur le fait que la mort n’est qu’un anéantissement, point final, que d’idées toutes faites selon lesquelles nous irons tous au paradis ou en enfer.

Pourquoi Kyle Griffith ?
Nous avons choisi de réaliser l’interview de Kyle Griffith, l’auteur de War in Heaven. Pourquoi lui et pas Robert Monroe, le père François Brune ou un autre ? Parce qu’il présente une description assez curieuse, originale, voire même inédite de ce monde de l’au-delà qui présente la particularité d’être en concordance logique avec notre univers de matière dense. En effet, pour Griffith, le monde de l’au-delà est tout aussi prédateur et dangereux que le nôtre. Mais juste d’une façon différente. Nous sommes loin d’une présentation manichéenne, c'est-à-dire totalement angélique (l’astral supérieur) ou au contraire totalement infernale (le bas astral) de certains auteurs mais attention, les descriptions de Giffith demeurent assez oppressantes, voire désespérantes. L’auteur affirme recevoir ses informations sous la dictée d’un «collège invisible» constitué d’une assemblée d’entités extraterrestres. Rien ne prouve donc que ce collège soit totalement honnête avec Griffith.

Gerry Zeitlin, un astrophysicien retraité du projet Seti que nos lecteurs les plus assidus connaissent bien, nous a mis sur la piste du travail de Griffith. Il s’y est intéressé, non en tant que chercheur car les descriptions de Griffith n’ont aucun rapport avec le fait «d’être un scientifique, d’avoir une approche scientifique quelle qu’elle soit ou d’être intéressé par les anomalies. Tout a commencé en 1988 lorsque j’ai lu son livre» nous affirme Gerry. «J’ai ressenti que ses descriptions des différentes «théocraties» et de leur manière de fonctionner étaient nouvelles, intéressantes et peut-être pertinentes. Vous voyez, tout comme Oupensky ou Gurdjieff décrivaient les sauts entre les octaves, je sentais que cette information délivrée par Griffith était novatrice et très différente du sens commun conventionnel». Nous verrons un peu plus loin ce que Griffith entend par «groupe théocratique» mais nous pouvons déjà dire qu’un groupe théocratique est un regroupement hiérarchisé d’âmes plus ou moins liées entre elles dans l’astral qui forment une sorte d’entité de puissance exerçant une forte influence sur l’activité religieuse sur terre comme sur les plans astraux. Une sorte d’égrégore mais nous en parlerons plus dans le détail.

Qui est Kyle Griffith ?
Pour répondre à cette question, je reprends la traduction des quelques lignes biographiques que Kyle nous a adressées il y a quelques jours, lors d’un échange de courriels et qui proviennent d’une bio rédigée par un de ses amis, pour l’occasion :
«Kyle Griffith est né en 1942 dans une famille issue de plusieurs générations baignées par l’occultisme, le radicalisme politique et des traditions bohémiennes. Il a débuté la pratique systématique du channeling dès l’âge de 4 ans et a commencé à écrire de manière précoce pour la presse «underground» à l’âge de 10 ans. De par sa vie personnelle, on peut dire qu’il a manifesté un intérêt des plus vifs pour tout ce qui touche la contre-culture puisqu’il a vécu dans des communautés ou a taillé la route («on the road») (NDTR : en pleine période Kerouac de la Beat Generation), vivant de petits métiers aussi divers que bizarres et participant à de multiples mouvements de protestations politiques et sociales. En 1983, Kyle a entamé l’écriture des premiers messages transmis par channeling qui furent finalement publiés sous la forme d’un livre en 1988 intitulé «War in Heaven»(NDTR : Guerre céleste). L’écriture du livre lui a pris 5 ans et la promotion de celui-ci, 5 autres années. Il s’est concentré lors de ces dernières années, au début des années 90 à faire parler du livre sur le web, (NDR : qui en était à ses débuts). En 1994, après que War in Heaven (WIH) fut épuisé et retiré du circuit de distribution, l’auteur a préféré rester discret pendant une dizaine d’années pour revenir sur le Web en été 2005 afin de rediffuser «WIH» sous la forme d’un «cyberlivre» mais aussi de travailler sur deux nouveaux ouvrages qui seront consacrés à la révolution spirituelle et sociale».

Les grandes tendances
Avant de rentrer dans le détail sur WiH, nous allons évoquer en quelques paragraphes certaines tendances, certains auteurs plus ou moins célèbres dans leur milieu et qui seraient entrés en communication avec cette vie après la vie. Nous n’avons pas ici la prétention d’être exhaustifs et je suis certain que nombre d’entre vous, avez en tête d’autres auteurs ou livres qui vous auront marqués et que vous jugerez importants. Nous avons donc sélectionné de façon un peu péremptoire, un certain nombre de chercheurs et d’auteurs qui symbolisent une «école», une manière de percevoir l’au-delà et surtout un moyen de ramener de l’information issue de l’autre côté de ce fameux seuil gardé tantôt par un ange brandissant une épée flamboyante, tantôt par un dragon, tantôt par un passeur de rivière âpre au gain.

anges rebelles
Bosh - La chute des anges rebelles

On parle également de façon plus commune de ce fameux tunnel qui nous happe et au bout duquel jaillit une lumière écrasante. D’autres enfin, sans être passés par ces contrées, reçoivent leurs descriptions sous la dictée comme des correspondants de presse en liaison avec d’étranges envoyés permanents célestes. Et pour mieux situer Kyle Griffith dans cet embrouillamini, nous allons vous dépeindre paysages de l’après vie décrits par ces auteurs. Si paysage, il y a, bien entendu ! Attention, ces descriptions sont loin d’être complètes car chaque auteur mériterait un article à lui seul. Il s’agit juste de vous donner un avant-goût de ce que l’on peut trouver dans leurs travaux. Libre au lecteur de poursuivre l’exploration, d’autant plus que la grande majorité de ces auteurs ont été traduits en français (voir la bibliographie en fin d’article). C’est là encore un signe de l’orientation de la pensée francophone puisque l’on trouvera plus aisément des ouvrages sur la réincarnation ou la vie après la mort que sur les extraterrestres ou le conspirationisme en général.

Monroe, l’explorateur de l’au-delà
Habile homme d’affaire réputé pour avoir les pieds sur terre, aviateur amateur, Robert Monroe est sujet à la fin des années 50 à d’étranges phénomènes de «décorporation» ou de «sorties hors du corps» au cours desquelles il peut planer dans la pièce, apercevoir son corps physique reposant benoîtement sur son lit mais également voyager dans d’autres dimensions. Il parvient petit à petit à dépasser ses peurs, à maîtriser le phénomène et à effectuer des OBE (out of body expériences : expériences de décorporation) à volonté, même s’il n’est pas vraiment maître du choix de la destination de ses sorties ! Il explore ce qu’il appelle différents «lieux» : les Lieux I, II et III ainsi que des Lieux intermédiaires. Les lieux de «type I» concernent notre réalité quotidienne et ces explorations permettent à Monroe de se livrer à diverses expérimentations sous surveillance afin de prouver qu’il avait bien, à distance, voyagé dans tel ou tel lieu physique et été témoin de tel ou tel fait, telle ou telle conversation. Mais ses voyages le mènent vers un second type de lieu, les «lieux II», bien plus étranges qui n’ont aucun rapport avec notre univers car les dimensions spatio-temporelles n’y ont plus aucun sens. C’est ce que l’on pourrait appeler les dimensions astrales, ces mondes étranges où se trouvent diverses entités ainsi que les âmes des personnes décédées. C’est le royaume «de la pensée pure,… de l’émotion brute…La réalité est composée des désirs les plus profonds et des peurs les plus vives» nous affirme Monroe dans son livre «Le Voyage hors du corps» (Editions du Rocher, 1996, 1971 pour l’édition originale).

Entre les lieux I et II se situe un «entre deux mondes» «où l’on rencontre toute sorte de personnalités dissociées et d’êtres agités» encore très attachés à leur vie terrestre que l’on pourrait finalement comparer à une sorte d’enfer ou de purgatoire, nous précise Monroe. C’est, à tout le moins, une région angoissante pour l’intéressé qui a tout fait pour s’en protéger. Plus étrange encore est le fait que «la principale motivation des habitants de ces régions est la libération sexuelle sous toutes ses formes. S’ils sont le produit de civilisations récentes –y compris des individus vivants mais endormis et d’autres décédés- il est compréhensible qu’ils éprouvent le besoin de se libérer de la répression de ce besoin fondamental. L’élément capital est que tout ceux qui se trouvent dans cette région essayent de pratiquer la sexualité selon un concept physique. Ils n’ont ni conscience ni connaissance de la pulsion sexuelle telle qu’elle se pratique dans des régions plus éloignées du Lieu II . Le conditionnement de notre société est tel qu’il me fut parfois difficile de ne pas participer à leurs activités, la réaction étant quasiment automatique… Les semblables s’attirent». Bref, des «partouzes» au purgatoire pour parler en termes prosaïques.

Le Lieu III
Restent enfin les Lieux III encore plus paradoxaux parce qu’ils ressemblent aux nôtres pour certains traits et sont d’une totale étrangeté sous d’autres aspects. C’est comme si Monroe avait exploré des univers parallèles au nôtre, d’autres courbes de l’espace temps, d’autres possibles. Il affirme s’être trouvé sur des planètes porteuses de civilisations : «le développement scientifique y est inexistant. Il n’y a pas le moindre engin électrique. L’électricité, l’énergie électromagnétique et tout ce qui y est apparenté n’existent pas… Les sources d’énergie s’avèrent n’être ni la combustion interne, ni l’essence, ni le pétrole. On a pourtant recours dans cet univers à une puissance mécanique. Un examen minutieux d’une locomotive tirant un ensemble de voitures vieillottes m’apprit qu’elles étaient mues par un moteur à vapeur…. Mais le combustible n’était ni le bois ni le charbon». Monroe évoque plutôt des sortes de «radiations» contenues dans des enceintes étanches dont les hommes doivent se protéger et qui chauffent l’eau et dégagent de la vapeur. Bref, Monroe décrit dans le détail une civilisation humaine dotée d’un niveau technologique proche du nôtre et en même temps totalement incompréhensible. Plus étrange encore est le fait que Monroe a acquis la certitude qu’une autre version de son «moi» vivait en ce lieu III. Il a pu suivre ainsi de temps à autre la destinée de cet autre «je» tout en étant conscient que ce n’était pas «lui» à l’identique et que lors de ces expériences, il se comportait comme une sorte de squatter, ce qui risquait d’être somme toute traumatisant pour son alter ego qui ressentait confusément qu’il était «habité» par un «je étranger». Compliqué ? Monroe n’est pas le seul à avoir expérimenté ce genre de phénomène et je me souviens avoir interviewé un témoin qui me raconta à peu de chose près le même genre d’expérience mais qui avait été induite, non pas par une sortie astrale, mais par une transe sous Ayahuasca, une boisson hallucinogène employée dans des rituels chamaniques ou religieux.
 
Le rêve est un voyage au même titre que la mort
Pour Monroe, lorsque l’on rêve ou lorsque l’on décède, on quitte son corps pour être propulsé dans l’une des nombreuses dimensions de ces Lieux I, II ou de cet «entre deux lieux» et où les désirs et l’imaginaire façonnent l’environnement. L’âme s’y rend automatiquement par affinité et parfois sans en avoir conscience, retrouvant des âmes qui lui sont proches par diverses manières (affinités de pensée, liens familiaux, croyances, buts et obsessions similaires etc.).

Lors de ses voyages, Monroe rencontra un très grand nombre d’âmes et d’entités qui répondaient bien souvent de façon ambiguë à ses questions avides sur le sens de la vie et sur son identité profonde. On lui révéla qu’il le saura plus tard, après son décès et on lui affirma en outre qu’il avait été, dans une vie antérieure, moine dans une petite localité en Pennsylvanie. L’information le mit tellement mal à l’aise qu’il regagna brutalement son corps.
Enfin, Monroe souligne qu’il n’a jamais pu assister au décès d’une personne, à son transit et à son arrivée vers ces étranges dimensions mais l’intéressé est persuadé que nombres d’habitants de ces lieux sont en vérité des esprits décédés.

En homme pragmatique, Monroe réunira très vite autour de lui divers passionnés, scientifiques et ingénieurs afin de fonder un institut dont le seul but est d’étudier de manière systématique et rationnelle toutes ces expériences de sorties hors du corps : la Monroe Institute. L’institut créera divers outils et technologies pour susciter plus aisément ces fameuses sorties hors du corps. L’homme rejoint en cela les expériences d’autres passionnés comme John Lilly ou Timothy Leary, des scientifiques peu académiques, passionnés par la conscience et qui se servirent de caissons d’isolation sensorielle et de drogues pour explorer ces autres dimensions et en ramener des informations. L’Institut Monroe incarne une véritable et bientôt vénérable institution pour les voyageurs de l’astral puisqu’il s’agit d’une des premières fondations dont le but est de donner une base un tant soit peu rationnelle, scientifique et technologique à ces pratiques empiriques. Mais il convient également de ne pas perdre de vue que cette célèbre institution, qui semble entretenir des liens assez amicaux avec certaines branches du Pentagone et des proches des programmes de la CIA en matière de remote viewing est au centre d’une polémique. Certains auteurs et sites Internet spécialisés dans le contrôle mental reprochent à cette institution d’avoir développé des technologies qui manipulent la conscience et dont les visées peuvent être militaires. Cliquez ici pour trouver plus d'information à ce sujet.


John Lilly

L’hypnose régressive
A la mode depuis la fin des années 70 (avec le psychiatre britannique Denys Kelsey et son épouse) et le début des années 80, l’hypnose régressive (facilitée parfois aussi par des moyens technologiques) a permis d’explorer diverses réalités pour le moins mystérieuses : les souvenirs d’enlèvements extraterrestres, les mémoires refoulées d’abus rituels mais aussi le contenu des vies antérieures. Le nombre de livres consacrés à ces thérapeutes qui se sont consacrés à faire revivre à leurs patients leurs vies antérieures est assez impressionnant et un simple coup d’œil sur le rayonnage spécialisé en «réincarnation» dans une librairie ésotérique vous donnera une idée du fait que ce sujet est non seulement vendeur mais d’une grande importance aux yeux du grand public.

Plus rares sont les livres qui étudient ce qui se passe directement après le décès, c'est-à-dire une description plus précise de l’au-delà. L’hypnothérapeute Michaël Newton dans «Journey of Souls» (traduit en français aux Editions de l’homme sous le titre «Un autre corps pour mon âme») a réussi un peu par hasard à établir une description assez cohérente du monde astral en réunissant les nombreux témoignages de ses patients venus chez lui pour une séance d’hypnose régressive. Au cours d’une de ces explorations hypnotiques, ce psychologue s’est rendu compte qu’il y avait moyen de dépasser les «simples» souvenirs des vies antérieures et de pousser l’âme du patient à se remémorer ce qui lui arrivait entre deux épisodes de réincarnation.

Les trois cercles de l’esprit
Tout d’abord, Newton a établi que l’esprit d’un individu peut être perçu «comme trois cercles concentriques, chacun plus petit que le précédent, séparés les uns des autres uniquement par des niveaux de conscience».  Le premier cercle, le plus extérieur, représente le conscient, origine de l’esprit critique et analytique, de la raison. Le second cercle représente l’inconscient, réservoir de tous nos souvenirs de la vie présente mais aussi de nos vies antérieures auxquels l’hypnose peut avoir accès. Le troisième cercle, véritable noyau de l’être, est appelé par Newton «la surconscience», le Soi le plus élevé, le Soi transcendant, siège de notre véritable identité qui est au-delà des aléas de nos vies successives.
Par des méthodes que Newton estime fiables et rôdées, l’intéressé fait plonger ses patients dans un état hypnotique profond caractérisé par des ondes «Thêta». A ce stade, le sujet est profondément hypnotisé mais ne dort pas. L’intéressé ne peut mentir et il est facile, selon Newton, de déceler si le patient, lors de ses récits, ment ou construit son histoire sur base de fantasmes.

Le processus de mort
Le livre de Newton décrit l’au-delà sur base d’une trentaine de cas, des personnes d’origines et de niveaux culturels et sociaux très différents et il est fascinant de noter les constances dans certaines descriptions, comme si le passage vers cette autre dimension était relativement constant et cohérent. De ce fait, Newton affirme que s’il existe d’énormes disparités entre les témoins en ce qui concerne leurs origines ou, plus intéressants, les souvenirs de leur dernière vie antérieure qui est parfois très éloignée dans le temps, il existe par contre une certaine cohérence dans ce qui est raconté sur ce passage vers l’au-delà.
Le processus de mort est décrit très classiquement comme un appel vers la lumière avec un «effet de tunnel». L’âme quitte le corps physique qu’elle survole mais surtout, elle voit un long fil, sorte de ruban de lumière : «je suis éjectée de mon corps par le sommet de mon crâne. C’est comme une pointe lumineuse minuscule qui rayonne… Il me semble que je me dilate un peu lorsque je me déplace… et je ressemble à un mince cordon suspendu… C’est comme si je muais… comme peler une banane. D’un seul coup, j’ai glissé hors de mon corps… C’est merveilleux…». Ce témoignage qui ressemble à bien d’autres est celui d’une femme décédée lors d’une vie antérieure dans des circonstances violentes dans les plaines du sud des Etats-Unis, alors qu’elle est atteinte d’une flèche qui lui transperce la gorge.
Vient ensuite le «passage» proprement dit vers ce que l’on pourrait nommer sa «couche» astrale, sa place puisque d’après cet auteur et les patients interrogés sous hypnose, il existerait de très nombreux niveaux. Un des patients qui a eu l’opportunité d’examiner son environnement lors de son déplacement vers le point de lumière affirme que ce passage dans l’au-delà ressemble à un voyage à travers une série de gradins, comme un énorme amphithéâtre pyramidale, un «gâteau étroit au sommet et large à la base» dont les couches, imbriquées subtilement les unes dans les autres, sont faîtes de «différents niveaux de lumières… Ce n’est pas solide bien qu’on soit porté à le croire au début. C’est disposé en couches, les niveaux de lumière sont tous entrelacés en… fils stratifiés…. Mais je vois des variations au niveau de la couleur et de la réfraction des couleurs dans les niveaux différents… J’ai toujours remarqué ce phénomène lorsque je m’éloignais de la terre» nous affirme le cas n° 4 du livre de Newton.

L’arrivée
L’âme, pour arriver à «bon port», est guidée par des «harmoniques», des sons, des couleurs et mêmes des odeurs qui lui permettent de se dire qu’elle est arrivée à destination, du moins pour la première partie du voyage. Le décor est à la fois «matériel» et immatériel. Il est souvent constitué de paysages qui jouent un rôle apaisant pour l’âme, très proches en apparence de lieux et de souvenirs de vies anciennes. La plupart des patients de Newton sont accueillis par une sorte de «guide», une entité qui a déjà joué ce rôle lors de décès précédents ou bien par des proches, des familiers, des parents de la vie qu’ils viennent de quitter ou de vies plus anciennes. Ces entités peuvent tantôt revêtir l’aspect charnel et concret de l’être qu’ils ont connu et aimé sous cette forme précise comme une dame qui se souvient avoir été accueillie par un vieil oncle corpulent et jovial dont le décès l’avait fortement affectée alors qu’elle n’ «était qu’une enfant». Plusieurs cas attestent du fait d’avoir été accueillis par des âmes qui étaient à la fois dans l’au-delà et en même temps toujours incarnés sur terre. Un peu comme si l’on avait la possibilité de se trouver dans plusieurs endroits à la fois, de mener de front plusieurs incarnations. C’est du moins l’hypothèse retenue par Newton.

L’apparence d’une âme
Dans d’autres cas, le défunt aperçoit des lumières, des «gouttes d’énergie» d’allure ovoïde dont on ne distingue vaguement que les yeux, des cavités profondes et sombres ainsi que des formes d’énergie émanant de ces œufs lumineux qui s’avèrent être des pensées. Une vision quelque peu traumatisante mais très vite, ces entités prennent forme humaine et deviennent reconnaissables par le décédé qui reconnaît proches. Bref, l’apparence, la forme sont changeantes et il s’agit d’un monde où l’aspect matériel existe et en même temps n’existe pas. Les dimensions temporelles sont elles aussi complètement éclatées et comme inexistantes tout comme le sont les lieux. Certains se retrouvent dans des palais de cristal, d’autres au bord d’étangs et de forêts paradisiaques et d’autres enfin sont dans des univers très abstraits constitués principalement de sons, de lumières, de pensées avec des effets toujours très positifs et apaisants.

L’accueil, la guérison et l’orientation,
A quoi ressemble la suite du périple, une fois que l’on est accueilli par un «proche» ou par un guide ? Les divers «patients» de Newton évoquent une étape de transition au cours de laquelle l’âme doit d’abord se remettre des traumatismes et maladies de la vie qu’elle vient de quitter ainsi que le choc d’avoir quitté des familiers, une vie à laquelle elle était parfois très attachée, ce qui peut susciter un sentiment de colère ou d’injustice. L’âme se doit donc de récupérer et de faire le point. Par la suite, elle sera alors orientée vers une autre destination, la poursuite du programme qu’elle s’est fixée ou qui lui a été fixé (là-dessus, Newton n’est pas très clair). Cet espace de transition est décrit avec «une similarité remarquable» par divers témoins, le plus souvent, comme étant un lieu physique, «une  chambre, une couchette, un inter espace avec escale ou aire de guérison…. Comme une unité chirurgicale mobile pour les âmes blessées en provenance des champs de bataille de la terre».   Newton décrit des situations au cours desquelles les corps astraux sont revivifiés par des sortes de bains ou de douches lumineuses qui rééquilibrent les énergies mais cet équilibrage ne peut être parfait car les vies et les trauma précédents laissent des empreintes qui ne disparaîtront que très difficilement. Les âmes plus jeunes ne savent pas vraiment tirer parti à fond de cette forme de bain de jouvence. L’âme rejoint ensuite son guide et fait le point par rapport aux objectifs qui avaient été fixés.
Une vision très «fonctionnelle» et performante de la «vie après la mort» qui ressemble assez à nos propres critères d’auto évaluation psychologique qui sont devenus fort à la mode dans les séminaires d’entreprise et dans le monde des sciences humaines.
Newton se veut très convaincant sur l’existence de cette étape «d’évaluation avec un guide» qui est d’ailleurs décrite dans bien d’autres ouvrages par d’autres auteurs (Daniel et Anne Meurois-Gevaudan par exemple, adeptes du voyage astral).

L’âme destituée
A l’instar d’autres auteurs qui se sont exprimés sur ce sujet, il n’y aurait pas à proprement parlé d’enfer ni de «jugement» par un «Dieu» tout puissant et paternaliste. D’ailleurs, la notion de «Dieu», qualifiée par les patients de Newton «d’Esprit», est certes très présente dans les récits mais apparemment, ces témoins n’ont pas l’air plus avancé que nous sur la question et de nombreux mystères demeurent. S’il n’y a pas d’enfer, il existerait une sorte de purgatoire, de lieu infini où se trouvent les âmes tourmentées ou «destituées» et qui se trouve entre deux dimensions, la dimension terrestre et celle des «mondes» astraux. Cet endroit accueille les âmes immatures, trop abîmées et détruites ou celles, trop faibles, qui ont été submergées par leurs pulsions destructrices : à savoir les êtres qui ont perpétré des méfaits, qui se sont montrées cruels. Ces âmes «doivent subir un isolement spirituel. Elles rejoignent leur propre groupe où leur apprentissage s’intensifie sous une étroite supervision. Il ne s’agit pas d’une punition mais d’une sorte de purgatoire où ces âmes subissent une restructuration de leur conscience de soi». «Mon travail avec les esprits m’a convaincu qu’il n’existe pas de lieu où les âmes sont condamnées à d’intenses souffrances, excepté sur terre» précise Newton qui ajoute que la terre est vraiment un terrain d’apprentissage rude, craint mais intense et recherché.

La zone de transit
Tous les «patients» de Newton décrivent sous hypnose un passage quasi obligatoire pour l’âme ; une sorte de zone de transit «qui ressemble au moyeu d’une immense roue de chariot qui transporterait les voyageurs le long de ces rayons jusqu’au lieu qui leur est désigné. Cette région apparaît à mes sujets comme peuplée d’une multitude d’esprits qui ne se connaissent pas, qui entrent et qui sortent du moyeu efficacement sans qu’il y ait de congestion». Une autre personne a appelé cette zone : «une autoroute métropolitaine à l’heure de pointe, mais sans embouteillage». Et il existe selon Newton nombre de moyeux et de centres de transit dans l’au-delà. L’impression des patients de Newton est unanime : «ils sont éblouis par l’univers infini qui se déploie devant eux et ont l’impression qu’ils se trouvent près du cœur de la création». Cette zone de transit s’ouvre donc sur un univers d’une richesse indescriptible, «l’au-delà est d’une luminescence inégale. Jamais, je n’entends parler de la noirceur d’encre que nous associons habituellement à l’espace intersidéral». Les âmes qui apparaissent au premier plan de cet amphithéâtre qui est au centre du moyeu  «apparaissent comme une myriade d’étoiles très brillantes se dirigeant dans tous les sens». Mais ce qui frappe au premier plan les «témoins» sous hypnose de Newton, «c’est l’impression constante qu’une force psychique puissante dirige tous les mouvements dans une mystérieuse harmonie. Les gens disent que c’est l’univers de la pensée pure». Cette zone de transit qui se présente après l’étape de «nettoyage», de guérison spirituelle, et d’autoévaluation, est la porte d’entrée avant l’arrivée à destination, vers le groupe d’âme, vers «la ruche» avec laquelle on entretient le plus d’affinités : «C’est à cette étape fascinante de son voyage que l’âme commence à anticiper sa réunion avec ceux qui l’attendent».

L’au delà
L’au-delà est changeant, infini et fini,  mais aussi «sphérique ;  l’impression que l’on est dans un bol». En réalité, les descriptions du lieu d’arrivée sont en apparence contradictoires parce qu’incompréhensibles pour notre raison et nos critères de perception terrestre. Il y a à la fois des formes, des structures, des lieux et «bâtiments» et en même temps, tout est changeant, constitué d’énergie pure. Tout est surtout très paisible, parait-il. Les «gens» apparaissent tantôt sous la forme de lumières ou bien ont une forme plus «charnelle» bien que cela soit une image psychique superposée. Et «aucune hostilité n’entache nos relations avec les autres» affirme le cas n°14 du livre de Newton. Mais ce passage et cette image idyllique vers ces lieux emplis d’énergies et de sérénité ne concernent pas toutes les âmes, surtout les «âmes jeunes» n’ayant pas vécu de nombreuses incarnations sur terre et donc traumatisées et bousculées parce que «le cerveau diffuse énormément de peur et de violence dans l’âme»

Chacun a sa place, chacun a son «directeur»
Nous n’allons pas pénétrer plus loin dans l’intimité de ce livre riche en détails qui explique le parcours d’une âme de son décès à sa réincarnation car ce n’est pas le but de cet article dont la vocation est de vous donner une vue d’ensemble des différentes «perceptions» que les auteurs ont de l’après vie. Selon Newton donc, les âmes, pour de multiples et complexes raisons vont «séjourner» un temps plus ou moins long dans leur «niche», leur «ruche» ou dimension spirituelle, passant d’un plan astral à un autre au gré de leurs progrès spirituels où ils retrouveront à chaque fois des esprits familiers qui ne sont pas nécessairement ceux qui faisaient partie de leurs proches dans une vie précédente. Ces âmes sont «parrainées» par des «directeurs» (cas n°15) pour reprendre les termes de certains patients et reçoivent des «messages» de plans astraux supérieurs. On a l’impression que les esprits «vivent» dans des dimensions très harmonieuses où le temps a une autre signification, où notre «moi» est totalement différent. Mais ce «moi» supérieur ne se trouve pas en contact direct avec la source ultime, avec le «Dieu» créateur de Tout qui demeure un mystère définitif, rapportent les témoins de Newton. Chaque âme se doit de demeurer dans sa strate «harmonique» et ne pas rendre visite à des proches qui se trouveraient dans d’autres plans astraux.

Il semble capital «de ne pas interférer». «Ce sont surtout les directeurs qui se déplacent». Newton souligne enfin que chaque âme vit, matérialise et perçoit cet au-delà au gré de ses propres facultés mais des constances et des points communs demeurent. Les âmes, au cours de leurs déplacements, sont «guidées» et attirées par des «musiques aux accords précis». Enfin, les âmes qui sont «incarnées» sur terre sont en même temps toujours présentes dans l’au-delà mais donnent l’impression de sommeiller. Une âme peut s’incarner dans plusieurs corps en même temps. La décision de se réincarner sur terre ou sur une autre planète est une décision personnelle mais également «collégiale», c'est-à-dire guidée par des «directeurs», par des entités plus évoluées. Il n’y a donc ni jugement dernier, ni tribunal d’aucune sorte comme l’affirment d’une manière ou d’une autre les religions monothéistes.

Groupes d’âmes pour progresser
L’entraide et la «vie» en groupes d’âmes pour effectuer des progressions collectives sont des concepts clés. Le progrès ou la régression d’une âme auraient des répercussions sur les autres «membres» de la collectivité, un peu comme si les êtres étaient plus un collectif d’âmes tout en conservant leur autonomie.  Les groupes eux-mêmes constituent des cellules de collectifs bien plus vastes et ainsi de suite au point que l’on parle «d’interactions entre âmes de groupes primaires et de groupes secondaires». Ces groupes se forment -en fonction du type d’expériences qu’ils ont vécu sur terre, en fonction de leurs affinités et de leur niveau d’échanges- afin que les progrès soient les plus fructueux car les buts de ces âmes «étroitement liés pour l’éternité» sont communs. Un sous-groupe primaire comprend entre 3 à 25 âmes que l’on appelle «noyau». Des sous-groupes peuvent collaborer étroitement et former alors des groupes plus larges appelés «groupe secondaire». Les relations entre groupes et âmes sont assez complexes mais les buts recherchés sont le progrès spirituel, l’apprentissage et l’harmonie. Le cas n° 26 du livre de Newton est d’autant plus clair au sujet de cet apprentissage en groupe qu’il parle d’école, «d’élèves avec des sortes d’uniformes» et «d’une  professeur… qui sort du temple et qui vient vers moi … comme une déesse… portant de longues robes qui flottent autour d’elle…». Pour certains, les entités apparaissent donc de manière très concrète, avec une apparence tangible, des vêtements, des lieux (une école en forme de temple, une bibliothèque avec des «livres de vie» contenant des «images animées et multidimensionnelles enregistrant le contenu de vies passées») tandis que pour d’autres, les choses sont bien plus abstraites et informelles, prenant l’aspect d’énergies et de lumières. Par la suite, une décision sera prise pour que l’âme se réincarne ou non.

Fiabilité des perceptions, des témoignages
Une dernière remarque très importante : Newton insiste lourdement sur le fait que les gens ont tendance à structurer leurs souvenirs et perceptions de l’au-delà selon ce que leur conscient voit et expérimente sur terre. Il serait impossible, selon les témoins, de décrire cet espace de l’au-delà car nous n’avons aucun mot, aucun concept, aucune référence qui nous permet de décrire cet univers à moins d’utiliser les moyens que l’on emploie pour décrire notre univers matériel, ce qui est totalement réducteur.

Le «purgatoire» version Newton
Avec les témoins de Newton, c’est une version très structurée, très organisée, utilitariste, performante de l’au-delà caractérisée par l’harmonie, la liberté et le travail sur Soi. Bref un univers très idéal. Quant à «l’enfer», il n’existe pas. Il existerait tout au plus un vaste plan astral très proche de la terre où se trouvent les âmes tourmentées, traumatisées en état de choc, refusant tout contact, par peur ou par haine. On y trouve également les âmes des personnes qui ont accompli en pleine connaissance de cause des actes cruels et malveillants. Mais ce purgatoire n’est pas éternel et pour Newton, ce qui se rapproche finalement le plus de l’enfer, est la vie terrestre.

La valeur des NDE
Passons maintenant aux NDE, ces états de mort clinique expérimentés par certaines personnes qui en ont gardé un souvenir très vif. George Ritchie, lui, a exploré brièvement l’enfer. Ainsi que le paradis ou ce que l’on pourrait nommer «l’astral supérieur». Ce psychiatre qui a vécu une NDE -un état de «pré-mort» ou d’expérience proche de la mort- a été considéré comme mort alors qu’il était appelé sous les drapeaux pendant la seconde guerre mondiale. Ayant contracté en 1941 une forte fièvre dans le cadre d’une longue et pénible maladie, Ritchie est considéré comme cliniquement mort par les médecins militaires et envoyé à la morgue. Il vivra alors une aventure extraordinaire qui le marquera à jamais. C’est suite à cette NDE que Ritchie entrera en contact avec les autres grandes autorités en matière de NDE comme le Dr Raymond Moody ou Elizabeth Kubler Ross, une des authentiques pionnières dans ce secteur très polémique de la médecine qui s’était fait une spécialité de l’accompagnement des mourants. Elizabeth tout comme Moody ont accumulé tant de données sur les NDE que certaines autorités médicales aux Etats-Unis en sont venues à les prendre au sérieux. Les témoignages de quantités de médecins, d’urgentistes mais aussi de victimes de NDE ont mis en évidence des faits d’une telle richesse que la survie de l’esprit au moment de l’état de mort clinique s’est imposée aux yeux de certains membres du corps médical. Ainsi, des patients ont été capables, après leur réveil «miraculeux», de reconstituer des conversations ou ce qui s’est passé entre des infirmiers et des médecins qui se trouvaient dans d’autres locaux que celui où reposait le corps de la victime. Celle-ci se souvient d’être sorti de son corps, d’avoir vu son propre «cadavre» alors que son «second corps» planait au niveau de plafond, d’avoir entendu les conversations des médecins et de proches. Les médecins passionnés des NDE en sont même venus à tenir des statistiques sur le nombre de NDE mais aussi sur le contenu de ces expériences.
Mais ces voyages hors du corps provoqués par une mort clinique ne s’arrêtent pas à un simple survol de la chambre ou de la morgue. Les choses ont été bien plus loin comme nous le verrons avec Ritchie.

Une NDE très «chrétienne»
Une remarque s’impose : le témoignage de Ritchie est très curieusement et très profondément imprégné de valeurs et de symbolismes chrétiens et le voyage dans l’au-delà de Ritchie se fera sous la tutelle du Christ lui-même. Ritchie mettra d’abord un temps assez long avant d’admettre sa mort, se rendant compte qu’il n’avait aucune emprise sur les objets qu’il essayait de toucher comme par exemple, le drap qui lui recouvrait le corps. Il erra aussi un certain temps dans l’hôpital pour retrouver son corps physique. Puis, la nature de son environnement se mit à changer du fait de la lumière : une lumière d’une intensité indescriptible : «Me vint cette prodigieuse certitude : tu es en présence du Fils de Dieu… C’était une sorte de connaissance, immédiate et complète… Il était l’être le plus totalement viril que j’ai rencontré. S’Il était le fils de Dieu, Son nom était Jésus».  Il sent qu’il n’a pas affaire à un être bon, gentil, doux aimable compréhensif «et peut-être un peu débile. Ce Personnage-ci était la puissance personnifiée, plus âgé que le temps et cependant, plus actuel que quiconque. Par-dessus tout, avec la même certitude intérieure mystérieuse, je sus que cet homme m’aimait. Plus encore que la puissance, ce qui émanait de cette Présence était un amour inconditionnel, surprenant, situé au-delà de mes rêves les plus fous». Ritchie vit ce que l’on peut appeler l’épiphanie totale, extrême, la révélation qu’une entité connaît tout de lui dans les moindres détails. Il revoit sa vie dans les yeux de cette entité qui incarne à ses yeux Jésus. Il est à la fois jugé et aimé avec, sous jacente, une impérieuse question : «Qu’as-tu fait de ta vie ?». Des petits péchés et des petits actes de bonté mais rien de fracassant. Un témoignage qui sera connoté fortement par un christianisme ample, prégnant, très culpabilisant et puissant dont le point central est l’amour porté aux êtres, la compassion et les tourments de l’ego. Ce Christ est à la fois grave et plein d’humour selon Ritchie.

Visions de l’enfer
Ritchie, au contraire d’autres victimes de NDE, décrira dans son livre, avec force détails, les aspects d’un enfer  tel que les chrétiens ou l’imaginaire du tourmenté peintre primitif flamand Jérôme Bosch se les représentaient : un enfer à plusieurs niveaux d’intensité. Un premier niveau d’âmes errantes dans la dimension terrestre et incapables de saisir de la nourriture, de boire ou de fumer une cigarette : une frustration éternelle et grandissante de ces âmes tournées sur elles-mêmes et sourdes à tout, sauf à leur manque. Puis, se déplaçant vers un autre endroit, proche de la terre mais sans entités vivantes incarnées, toujours guidé par l’être de lumière, Ritchie est témoin d’une sorte d’immonde champ de bataille, une plaine peuplée de hordes d’êtres désincarnés comme des fantômes. «C’était les êtres les plus frustrés, les plus haineux, les plus misérables que j’eusse jamais vu» affirme Ritchie. Ces êtres se jetaient les uns sur les autres avec une frénésie de rage et de haine sans fond mais sans que cela prête à conséquence puisqu’ils ne faisaient que frapper et déchirer du vide, ce qui décuplait leur colère. Ici, les gens, au lieu d’être emprisonnés du monde physique étaient enchaînés à leurs émotions. Plus loin et plus horribles encore étaient les pantomimes fiévreuses d’abus et de perversions sexuels immondes auxquels se livraient d’autre êtres qui poussaient des cris ou des plutôt des pensées de frustration. Le plus étonnant, selon Ritchie, c’est que rien n’empêchait ces personnes de partir, de quitter cet enfer où les plus secrètes et les plus odieuses pensées et infimes obsessions se matérialisent. Au dessus de ces êtres ivres de frustration planaient des entités de lumière qui tâchaient de les aider, de leur tendre une main secourable mais cela était sans effet tant ces damnés étaient sourds et aveugles.

Le projet Oméga : NDE et abductions extraterrestres
Kenneth Ring, un auteur américain qui s’est spécialisé dans les NDE est le premier passionné de NDE, professeur d’université à avoir fait le lien entre le phénomène des enlèvements d’être humains par des entités extraterrestres et les victimes d’expériences aux portes de la mort. Au départ, Ken Ring était un farouche adversaire de ce genre de comportement transdisciplinaire et avait tendance, comme nombre de ses collègues à ranger les histoires d’Ovnis et les abductions extraterrestres dans les phénomènes de foire, le paranormal digne d’une presse à sensation du genre  «Un couple du Nebraska a donné naissance à un alien à deux têtes dotés de 8 tentacules» qui est d’ailleurs largement diffusée aux Etats-Unis. Ce n’est qu’après avoir lu Communion de Withley Strieber, d’abord avec réticence et ensuite avec passion, que Ken Ring fut persuadé que les deux domaines, celui des NDE et des abductions, avaient de nombreux points communs et procédaient d’un même mécanisme de «métamorphose de la conscience humaine». Le mot «Oméga» est un hommage rendu au père jésuite au savoir encyclopédique (astrophysicien, paléontologue et philosophe) génial, Teilhard de Chardin qui suggérait que l’espèce humaine se dirigeait petit à petit vers le point ultime de son développement : le point Oméga.
Ring, d’un ferme optimisme, essaie de défendre dans son œuvre le fait que les NDE et les rencontres avec des Ovnis ou avec des entités extraterrestres sont «des voies alternatives menant à un type identique de transformation psychospirituelle, mutation s’exprimant sous forme d’une perception élargie du caractère sacré et non isolé de la vie et développant forcément un souci accru pour l’écologie et l’équilibre de la planète». Ring fait allusion bien entendu à certains messages au contenu spirituel émanant d’aliens ou d’entités angéliques admonestant l’homme au changement, l’avertissant du destin funeste de la terre si rien ne changeait. Les NDE et rencontres du 3e et du 4e type  seraient en quelque sorte des catalyseurs pour accélérer la prise de conscience de l’humain, affirme Ring. Et d’émettre l’hypothèse que les NDE et le phénomène Ovni ont une source commune ayant pour but d’éveiller l’espèce humaine. Ring concède que les deux types d’expérience peuvent s’avérer effrayantes, traumatisantes, voire douloureuses mais tout cela est fait, pense-t-il, avec les meilleures intentions du monde : «Les rencontres paranormales apparaissent comme une porte ouverte à une transformation radicale, à base biologique, de la personnalité humaine». Et de mettre en avant le fait que la plupart des personnes ayant vécu une abduction ou une NDE changent totalement de personnalité, acquièrent même des pouvoirs étranges, des facultés télépathiques, une plus grande sensibilité ainsi qu’une empathie à la détresse d’autrui. Une vision qui est à l’opposé de l’expérience vécue par certains abductés comme Karla Turner qui perçoivent le  phénomène des enlèvements extraterrestres comme une intrusion manipulatrice.

La transcommunication
La transcommunication est une discipline assez récente même si les premières tentatives pour capter les messages émanant de personnes décédées au moyen d’ondes électromagnétiques remontent à 1915. Mais le véritable pionnier de cette aventure médiumnique et technologique est Friedrich Jügerson, polyglotte d’origine russe, chanteur d’opéra, peintre puis réalisateur de cinéma et de documentaires qui consacra sa vie à l’enregistrement des voix venues d’outre tombe entre 1959 et 1987, date de son décès. En 1967, il publie un livre qui fait connaître à des millions de personnes la nature de son travail mystérieux avec les morts et les techniques qu’il emploie pour obtenir ces enregistrements. Ce livre ,«Radiotéléphonie avec les morts», est un best seller car il montre que tout un chacun peut se livrer à ce type d’expériences avec, je le précise, une énorme dose de patience  et des succès très mitigés. Par la suite, d’autres passionnés comme Constantin Raudive, Franz Seidl, le Père Léo Schmid et le groupe de Luxembourg raffineront les techniques, se livreront à de multiples expériences avec du matériel de plus en plus sophistiqué puisque l’électronique, la radio, l’audiovisuel évoluent à une vitesse fulgurante. Certains ecclésiastiques et représentants de l’église s’intéressent de près aux progrès de la transcommunication tout en gardant un profil discret.

Les méthodes de transcommunication
Il existe différentes méthodes plus ou moins complexes pour enregistrer des voix et mêmes des images et nous n’allons pas détailler ici ces montages techniques qui font le plus souvent appel à des montages en série d’enregistreurs audio ou vidéo, d’amplificateur, de radio, de caméras et même le téléphone. La technique la plus simple est de relier un enregistreur à un microphone, de poser une question par l’entremise du micro soit à tous les morts, soit à une personne décédée en particulier et de laisser tourner l’enregistreur une dizaine de minutes. Reste ensuite à écouter avec une patience infinie et une grande attention cet enregistrement, parfois à des vitesses différentes que la vitesse d’enregistrement, parfois carrément à l’envers. En gardant à l’esprit l’envie et l’énergie d’entrer en contact avec ces âmes. Il faut «que concourent l’énergie d’êtres humains et celle de personnes de l’au-delà». Une autre méthode consiste à relier une radio que l’on règlera sur du «bruit» de fond, des parasites donc à distance de toute émission radio claire. Il faut alors enregistrer des heures et des heures de bandes magnétiques puis les écouter avec la plus grande des patiences. D’autres vont relier un magnétoscope à deux caméras dont les optiques se font face jusqu’à obtenir une image d’une qualité très spécifique. Il existe des montages de plus en plus complexes et le plus étonnant dans l’histoire est que certains de ces montages ont été inspirés par les messages des morts eux-mêmes qui, parait-il, se livrent également à des expériences «technologiques» pour entrer en contact avec nous car ces communications supposent de lourdes dépenses d’énergie psychique de la part des «décédés». Il existe enfin de la transcommunication par ordinateur qui connait ces dernières années un succès croissant.

Le contenu des messages
Dans les contacts avec les décédés, il est souvent fait mention de la manière d’améliorer la communication mais aussi du fait que notre «entendement», notre perception est tellement différente de la leur. Les «âmes» parlent «de la perception obtuse de la nature humaine». Aux questions sur les conditions d’entrée en contact avec l’au-delà, on peut entendre certaines réponses de ce genre : «La condition pour nous entendre est celle-ci seulement : spiritualité» Ou encore, un esprit de l’au-delà affirme : «Je voudrais exploiter un truc scientifique commun -l’espoir est scientifique- pas notre manière de percevoir la réalité». D’une certaine façon, notre médium «facilitateur» est de nature technologique tandis que les âmes résidant dans ces autres dimensions évoquent la «magicocratie», une sorte de pont entre «magie spirituelle» et «technologie spirituelle», un monde hybride qui dépasse notre compréhension. Le contenu des messages est parfois «personnel» et regardent des détails de la vie de l’auditeur mais parfois aussi, le contenu est plus général, indiquant que les gens dans l’au-delà se posent autant de questions que nous sur le sens de la vie même s’ils disposent d’une vision plus claire que nous du problème. Il y a aussi des messages thérapeutiques où la voix livre le contenu d’une recette médicamenteuse à base de plantes pour soigner la maladie d’un proche qui lui pose des questions.

Technologie, magie ou spiritualité ?
Mais il est un fait certain d’après les adeptes de la transcommunication : si la technologie, l’usage d’ondes électromagnétique sont importants, la spiritualité, la prière, l’énergie, l’harmonisation entre les deux interlocuteurs et la force de la pensée sont encore plus capitales. Tous les amateurs de cette discipline conseille avec une lourde insistance de ne pas se lancer seul dans l’aventure mais de se joindre à un groupe déjà existant comme s’il s’agissait somme toute d’une sorte de rituel qui exige rigueur, sincérité spirituelle et absence de peur. Et le plus important est la patience.
Il existerait dans l’au-delà plusieurs groupes d’âmes qui expérimentent chacun à leur manière, des moyens d’entrer en contact avec la matérialité terrestre. Un pont existe mais il est fragile. Les erreurs et les incompréhensions sont légions et les âmes soulignent surtout que les adeptes de transcommunication doivent demeurer prudents avant tout.

Fiabilité et impressions personnelles
Ce qui nous amène à la question de la fiabilité des messages. Nous pouvons être volontairement trompés, induits en erreur par des interlocuteurs «astraux» malhonnêtes. Nous pouvons mal interpréter certains textes qui sont souvent nébuleux, hermétiques car il semble que les âmes de l’au-delà ignorent souvent la grammaire, la syntaxe mais également la dimension temporelle. Des réponses sont parfois données bien plus tard et la réponse que l’on reçoit ne correspond par conséquent pas à la question posée.
Enfin, il semble, comme nous l’avons déjà évoqué avec d’autres auteurs et moyens de récolter cette information sur l’au-delà, qu’il existe de nombreuses «sphères», de nombreux groupes, niveaux de réalité.
Nous avons pu écouter certaines cassettes à l’occasion de l’interview radio d’un spécialiste belge en transcommunication et nous avons pu voir certaines images vidéo figées par un amateur. Dans certains cas, le message est plutôt distinct mais dans bien d’autres, il fallait vraiment faire preuve de bonne volonté pour distinguer une suite de mots et une signification parmi cet embrouillamini de bruits de fond, de crachotements, de souffle. Même chose pour les images : après un très long examen, on aperçoit fugitivement une image en 3 dimensions d’une personne puis, cette impression disparaît comme si l’image était créée par un effet d’optique. Certains adeptes de la transcommunication sont d’ailleurs d’accord pour affirmer qu’il faut faire preuve de patience et surtout, accoutumer son oreille pour «apprendre à écouter» ces enregistrements dont les messages sont audibles parfois directement, parfois à des vitesses de défilement plus lente ou plus rapide. Il arrive en outre que seul, le destinataire de l’émission est à même d’entendre le message. Pour lui, le texte apparaît très clairement alors que pour les autres, il n’y a rien de pertinent sur la bande. Certaines images captées sont très convaincantes comme cette célèbre image de l’actrice Romy Schneider qui aurait été expertisée sous toutes les coutures sans que l’on puisse y déceler un trucage. Mais dans ce domaine, avec l’avancée technologique, rien ne permet jamais d’exclure des œuvres de faussaires.

Channeling et écriture automatique
Nous allons clore ce tour d’horizon incomplet par le channeling et l’écriture automatique, à savoir les textes qui ont été rédigés sous l’emprise irrésistible d’entités spirituelles. Nous évoquerons donc brièvement trois personnalités qui nous permettront de conclure cet aperçu : Alain Guillo, reporter photographe de renom qui fut retenu prisonnier au cours des années 80 par les services secrets soviétiques et afghans à la prison de Kaboul, Pierre Zimmer, scénariste et metteur en scène français qui a rédigé un livre contenant des messages provenant de ses proches et obtenus via une amie médium par écriture automatique. Et enfin, Kyle Griffith qui a, lui également, rédigé ses textes par écriture automatique sous l’emprise ou l’inspiration d’un groupe d’âmes qu’il a qualifié d’extraterrestre : le «collège invisible». Guillo et Griffith ont pour point commun d’avoir reçu des informations très précises relatives à la manière dont le monde astral fonctionnait et sur la façon dont les âmes vivent. Dans les cas d’Alain Guillo et de Kyle Griffith, ceux-ci étaient littéralement tourmentés ou mis sous pression par une force qui les poussait à retranscrire des messages de l’au-delà.

Channeling en prison
Le message de Guillo est crédible et percutant, compte tenu du parcours et de la personnalité de l’intéressé : il s’agit avant tout d’un grand reporter, photographe de guerre, spécialisé dans l’Afghanistan et la guérilla aux Philippines. L’homme a côtoyé l’horreur à l’état pur, la violence, l’injustice, la souffrance et la mort et il n’y a pas plus «terre à terre» que ce personnage. Pourtant, un jour, son univers mental, sa représentation psychique du monde vont se trouver transfigurés au cours de son long séjour dans les prisons afghanes alors qu’il y subit des mauvais traitements, souffre de la faim et de l’isolation. Il ne veut pas craquer ni se soumettre à ses tortionnaires dont certains sont des créatures du KGB. Il tente d’utiliser l’humour et la dérision pour résister. Un jour, plutôt que de craquer et de prolonger son séjour entre ces murs infâmes, il se jette la tête la première contre les murs en voulant mettre fin à ses jours. Il n’y parviendra pas comme si une force extérieure l’en empêchait, même s’il réussit à s’infliger des blessures importantes. Une voix fera irruption dans sa tête, une voix qu’il prendra pour une hallucination, les signes précoces d’une démence qui le terrorise. Mais au fil des jours, il apprendra à écouter cette voix, à coexister avec elle et surtout, à entamer un dialogue qui se révèlera d’une richesse incroyable. Ce sont ces voix qui l’aideront à supporter sa longue captivité et qui l’avertiront du moment proche de sa libération, suite à l’intervention de François Mitterand dans ce dossier. Sous la dictée de ces voix qui sont celles de proches, de ses grands parents par exemple mais aussi d’autres entités, il rédigera deux ouvrages qui m’ont semblé fascinants sur l’au-delà, les rapports que les humains entretiennent avec les croyances et avec les religions et leurs «Dieux» mais aussi sur la manière dont fonctionnent les groupes d’âmes auxquels chacun de nous est relié. Guillo, avec son style sarcastique et plein d’humour, dépeint à sa manière une situation qui est proche de celle décrite par les patients de Newton : l’importance des «groupes» ou structures d’âmes qui fonctionnent comme des sortes de collectifs où les progrès et les échecs de chaque âme ainsi que la «prière» (dans un sens plus mystique et moins dogmatique du terme) jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement et l’essor du collectif.
Griffith décrit lui aussi ce phénomène de «collectif» d’âmes prenant des formes diverses afin de constituer des entités de puissance : les groupes théocratiques, les «Dieux», les élémentaux qui sont des structures prédatrices qui se nourrissent des énergies des âmes. Il vaut mieux ne pas les rencontrer. Griffith a rédigé son livre sous l’emprise d’un collectif d’âmes indépendantes, le Collège invisible qui regroupe des âmes d’entités extraterrestres dont le principal message est une exhortation à rester indépendant et à ne pas se placer sous la coupe d’un groupe théocratique qu’il décrit comme une sorte de véritable mafia astrale. Le but d’un groupe théocratique est d’installer une autorité spirituelle incontestable dans les plans astraux mais aussi sur terre, d’utiliser les énergies et les «croyances» des âmes pour acquérir de plus en plus de pouvoir. Griffith explique par exemple que l’opposition des groupes religieux terrestres à l’avortement et à la contraception est justement de faire en sorte qu’un maximum d’âmes viennent à s’incarner sur terre, subissent les dogmes religieux qui auront pour résultat que ces âmes, à leur décès viendront renforcer les effectifs et la puissance des groupes théocratiques.

«Dieu» selon Zimmer
Autre auteur qui a livré à travers son livre le contenu des messages obtenus par le biais de l’écriture automatique : le scénariste et metteur en scène français Pierre Zimmer. Les informations que ce livre offre sont plus une description de ce que les âmes des décédés peuvent penser sur le monde matériel qu’une description de l’univers astral. «Diaologue avec mes parents disparus» est une sélection de divers messages sur la nature de «Dieu». Par exemple : «l’Esprit est la force de Dieu qui aide à comprendre le plus grand des problèmes, celui de l’amour fusion, fusion du monde en une seule entité qui gère la terre et le monde entier, plantes, arbres, animaux, air, terre, ciel, tout ! L’Esprit, c’est Dieu qui domine Tout». Voilà une troublante assertion qui laisse beaucoup de place à des questions et des interprétations : Dieu est-il dominateur ? La vie et la création sont-elles une affaire de contrôle et de domination et a-t-Il perdu le contrôle de la création ? Voici un autre message d’une âme qui laisse songeur : «Il est bien loin le temps où je pouvais rêver, où je me propulsais pour habiter un lieu de rêve. Vous, vous rêvez et vous ne connaissez pas votre bonheur. Pour moi, le rêve n’est plus de mise. On ne rêve pas où je suis. La réalité est Esprit qui ne laisse pas de place au rêve. C’est sur terre que l’on rêve, que l’on a le droit de rêver et qu’il faut rêver. Moi, je n’ai pas assez rêvé…Rêver, je vous le dis car le rêve est le beau côté terrestre de l’Esprit». Et sur le mal qui vient sur terre, le message est également étrange puisque «L’Esprit seul a décidé de ce mal qui est nécessaire comme tous les maux que les hommes doivent supporter. Il est bien rare que le mal soit le mal pour le mal. L’Esprit ne permet le mal que pour un bien». Etrange conception doloriste où l’Esprit, Dieu est omnipotent et décide d’infliger le mal pour nous faire ouvrir les yeux sur le bien ? Les messages de Zimmer, sans en avoir l’air, sont très emprunts d’une idéologie messianique, doloriste et millénariste puisqu’il est aussi fait mention «de la fin des temps» qui n’est pas pour tout de suite mais à laquelle toutes les âmes doivent se préparer. Enfin, le livre de Zimmer laisse également entendre que l’astral est infini et «divisé» en plusieurs lieux où les âmes peuvent être séparées pour ne plus se revoir.

Conclusion
Il y a certes certains points communs entre toutes ces descriptions et informations et ce, quel que soit le médium employé pour ramener cette information (NDE, transcommunication, écriture automatique, etc.) mais les différences sont encore plus frappantes. Est-ce à dire que chacun de ces témoins a visité des régions différentes de l’astral ? Est-ce à dire encore que l’on se rend dans un au-delà qui sera conforme à nos convictions ? Que ce sont nos croyances qui génèrent cet au-delà et les rapports que nous entretenons avec les autres âmes ou bien, ces mêmes croyances nous guident-elles vers ces plans astraux qui correspondent le plus à nos valeurs et notre représentation du monde ? De ce fait, pour celui qui croit vraiment que l’enfer existe et que de plus, il le mérite, il risquera fort d’aboutir dans ces abysses flamboyantes et tourmentées par des démons munis de broches chauffées au rouge et touillant dans des marmites dans lesquelles reposent les corps agonisant et ébouillantés d’âmes damnées pour l’éternité !? Cet au-delà est-il une matrice énergétique et virtuelle qui, comme l’affirme David Icke est un piège spirituel et une continuation de la matrice terrestre et de l’univers dans sa globalité qui ne sont finalement qu’un hologramme plus dense ? (voir l’interview de David Icke dans l’article sur l’Univers Matrice).
Pour Kyle Griffith, l’au-delà est également un vaste piège et ce sont nos «croyances», nos préjugés et nos peurs de ce que pourrait être cet au-delà qui seront nos plus grands ennemis. Pour Griffith, il faut à tout prix conserver son indépendance. Je ne peux m’empêcher de penser également aux conceptions extrêmement sombres et effrayantes du sorcier don Juan, le mentor de Carlos Castaneda qui affirmait dans ses leçons qu’il n’y avait ni Dieux, ni Christ, ni Bouddha, ni paradis. Mais qu’il existait une infinité de mondes parallèles et un «modèle», ce qu’il appelait «le moule de l’homme», qui donnait à l’âme humaine l’impression d’être en contact avec le Créateur, alors qu’il ne s’agissait que d’une coquille vide. Le destin de toutes les âmes serait, selon Castaneda, d’être consommées et dissoutes au moment du décès par une sorte d’entité omnipotente, une masse énergétique sombre, infinie et colossale dont la forme ferait penser à un aigle. La conscience des âmes décédées serait «mangée» par cette créature impersonnelle qui en extirperait les mémoires de vie. La seule manière d’échapper à cet anéantissement serait de suivre aveuglément une autodiscipline préconisée par don Juan. Des techniques «ancestrales» qui consistent, entre autre, à dissocier la conscience des souvenirs par la récapitulation de toutes les expériences, de toutes les émotions partagées avec ceux que nous avons rencontrés durant notre existence. Notre mémoire ainsi vidée de notre conscience énergétique serait offerte à l’«Aigle» en échange de notre survie. Castaneda est probablement l’auteur qui a la conception la plus pessimiste sur l’au-delà, sans aucun doute encore plus désespérante que celle que nous offre Kyle Griffith qui, à sa manière, pousse l’homme a demeurer à tout prix indépendant de toute religion.
Pour mieux appréhender l’essence de cet ouvrage, vous pourrez lire la synthèse de Gerry Zeitlin sur le livre WiH mais également l’interview de Kyle Griffith. Des traductions réalisées par Karmatea que nous avons le plaisir d’accueillir pour la première fois sur Karmapolis.

Karma one

Bibliographie
-Michaël Newton
«Journey of Souls» Llewellyn Publications, 1995 (traduit en français sous le titre «Un autre corps pour mon âme» aux Editions de l’homme, 1996)
-George Ritchie
Retour de l’au-delà, Robert Laffont (Collection : les énigmes de l’Univers), 1986
-François Brune
«Les morts nous parlent» ; Edition du Félin/ Livre de Poche, 1988
-Hildegard Schäfer 
«Théorie et pratique de la Transcommunication», Robert Kaffont, 1992
-Pierre Zimmer 
«Dialogue avec mes parents disparus», Editions Filipacchi, 1997
-Robert Monroe 
«Le voyage hors du corps» , Editions du Rocher, 1989
-Alain Guillo 
«Un grain dans la machine» et «A l’adresse de ceux qui cherchent», Editions JMG, Collection Mutation - sur Amazon
-Hélène Renard 
«L’Après-vie», Editions Philippe Lebaud, Editions du Félin, 1997
-Kenneth Ring
Le projet Oméga, Editions du Rocher, 1994
-Elizabeth Kubler-Ross
La mort, porte de la vie, Editions du Rocher, 1990
-Patrice Van Eersel
La Source noir, Livre de Poche (Albin Michel)

 

Karma one - © Karmapolis - avril 2006

 


haut de page

accueil    nous contacter   liens